Rechercher sur
laguitare.com
L'annuaire laguitare.com
Newsletter
Services - Publicités
Annoncer - CONTACTS

 
GREENDALE (DVD inclus) Août 2003
Voilà, Greendale, le disque, est sorti. Depuis le temps qu'on attendait.

Pour ceux qui ont loupé les épisodes précédents, à savoir le mémorable
concert au Palais des Congrès le 24 mai dernier, ou celui de Dublin, aujourd'hui disponible sur l'excellent et indispensable dévédé
bonus mis en ligne depuis juin sur neilyoug.com, résumons un peu.

Le nouvel opus de Neil Young est ce qu'on appelle un "concept album". Une
histoire racontée tout au long du disque. Et même plus, puisque, 30' d'explications, drôles et poétiques, étaient données par Neil entre les morceaux, outre d'innombrables indications à tiroir sur la généalogie des héros, toujours sur le même site. Tout ça est grosso modo repris sur le livret du cédé (lequel livret une fois retiré du boîtier refusera à jamais de le réintégrer).

Or donc, de quoi s'agit-il ? De l'histoire des membres d'une famille
américaine, moitié paysans moitiés artistes, vivant pépères sur la côte Ouest des USA. Jusqu'à ce qu'une médiocre et banale histoire de deal ne se termine par la mort d'un flic. Le destin de tout le monde bascule. Le vénérable
grand-père, harcelé par la presse, fait une attaque, fatale. La jeune et forcément sublime fille de la famille pète un plomb, s'enchaîne à une statue au siège de la compagnie électrique (le tout date d'une mémorable panne de courant en Californie l'an dernier). Le FBI la traque, puis lui fout la paix. Elle part, cap au Nord, avec son pote rencontré dans un bar bourré et enfumé, pour sauver la Nature en général et l'Alaska en particulier.
Le récit, ponctué de touches surréalistes, saupoudré des interventions du Diable, un gentil diable d'ailleurs, est plaisant. Les exégètes se repaissent d'allusions aux textes de chansons que Neil
Young nous délivre depuis plus de trente ans. Eh oui, personne ne rajeunit.

Là où le bât blesse, c'est à l'écoute de lla version dite électrique, le
cédé officiel

qui vient donc de sortir, et qui sera pour la majorité la seule version connue. Elle est interprétée par Ralph Molina & Crazy Horse, avec Neil Young

en Guest Star. On n'entend qu'une batterie métronomique, binaire jusqu' à la caricature, et ce d'un bout à l'autre du disque, sans variante. Qui plus est, mixée à un niveau sonore à peut près triple des autres intervenants.
Que dire d'autre ? rien, on entend rien d'autre. Plusieurs morceaux ont de la matière, on se dit là, le Sachem, ou le Bûcheron, ou l'Homme à la chemise à carreaux, ou Grincheux, alias (à tort) le Loner (le Loner pour Neil, c'est Stills, mais on s'en fout), Neil Young donc va nous sortir un solo. Ben non, on attend, en vain. Il joue tout le disque sur le ton feutré qu'il a inauguré avec Are You Pasionate ? mais qui était bien mieux de ce point de vue là.

J'ai la furieuse impression, que ce disque, enregistré en une session de plusieurs jours à l'automne 2002, comme Neil nous l'a gentiment raconté, ne plaît pas non plus à Neil. Ce coup-ci il l'a sorti quand même. Mais au cours du printemps, conscient du problème, il concocte une version acoustique, qu'il nous sert en Europe et qui fait l'objet du dévédé.
Et là on ne parle plus de la même chose. Maîtrise absolue des guitares, sons inouïs (au sens propre), registres vocaux très larges, novateurs (la voix du Grand Père, sublime, est même passée à la trappe sur la version électrique !)

Il y a une ironie à constater qu'à la question traditionnelle ; « vous préférez Neil en acoustique ou en électrique ? » avec des éléments qui nous jetaient tous dans des abîmes de perplexité, comme l'Unplugged, ou des versions pirates acoustiques de Powderfinger, on n'avait jamais su bien répondre.
Là on est servi, mais sur des mauvaises bases. En sortant du Palais des Congrès on se demandait, mais qu'est ce que ça peut donner en électrique ? Qu'est ce que ça va apporter ? La réponse est : « rien. Mais... ». Mais ça aurait pu être bien. On se demande ce que ça aurait donné avec Jim
Keltner aux fûts. Depuis que je l'écoute, je me dis même que c'était un truc pour Charlie Watts et son puissant mais délicat touché de caisse claire. Mais faut pas délirer, ni même rêver !
Et la guitare aurait pu décoller. Ça ne s'est pas fait. Tant pis. Neil Young se cantonne dans son personnage de héros mythique, marginal et semi-incompris. Parfois ça fatigue. Son public, je veux dire.

Ah oui, le film de l'histoire ultimate version en dévédé filmé en 8 (ciné super 8 ou vidéo 8mm, j'ai pas bien compris) sort pour Noël. Trop cool !
I can't wait ! Vous avez aimé Journey thru the past, vous allez adorer le retour à la caméra de Bernard Shakey (le pseudo de Neil au cinéma, pour ceux qui ont manqué le début).

« Turn the pages of this old book Sounds familiar, it may be worth a second look. »

Extrait de Bandit, excellent titre, vu que c'est en acoustique sur toutes les versions. Il a pas réussi à la massacrer. Ou alors Molina était malade ce jour là.


Franck Playe

Explication et traduction du concept de Greendale
Commandez le nouveau CD/DVD inclus Greendale chez notre partenaire Amazon.fr
Greendale (inclus un DVD)
- Prix amazon : EUR 18,23
- Cet article paraîtra le 19 août 2003.
- Commander ce CD

Imprimer cette page