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PORTRAITS - JEAN-PIERRE LAPLANTE CONSTRUIRE UNE GUITARE ARCHTOP éLECTRIQUE

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OUVRAGE - Jean-Pierre Laplante - Construire une guitare archtop électrique
REDACTEUR : JACQUES CARBONNEAUX

Une guitare pas comme les autres.

Dans la famille des instruments à cordes pincées, la guitare archtop est sans doute l'instrument le plus complexe de part ses principes de construction.

Basée sur les préceptes des instruments du quatuor comme le violon et le violoncelle, la guitare archtop peut passer de la famille des guitares acoustiques (voir guitare du luthier Ken Parker) à celles des électriques.

Un ouvrage dédié.

Jean-Pierre Laplante, luthier canadien situé en Ontario spécialisé en archtop, acoustique cordes acier et électrique solid-body, sortira à l'automne 2011 un ouvrage dédié à la construction d'une guitare archtop électrique.
Attention, cet ouvrage est en anglais ! Ne soyez pas trop déçus, laguitare.com réalisera des reportages et dossiers complets sur ce bel instrument dans les ateliers de nos maîtres luthiers français en la matière.

Un univers à part.

Initiée par Orville Gibson au tout début du 20 ème siècle, l'idée d'appliquer les principes de construction du violon à la mandoline et à la guitare marquera au fer rouge l'histoire de la lutherie guitare :

- Sculpter la table d'harmonie dans un bloc de bois plus épais afin d'obtenir une surface convexe,
- Placer sur cette table un chevalet non collé mais mobile,
- Fixer les cordes non plus sur le chevalet mais sur un cordier à l'extrémité de la guitare.

Ces trois fondements de construction du violon adaptés à la guitare allaient bousculer sa fonction acoustique et un son nouveau, d'une autre nature était né. Les innovations qui suivirent dans la société Gibson avec l'arrivée en 1919 du musicien et acousticien Lloyd Loar , confirmèrent ces avancées ( ouïes en "f", allongement du diapason, surèlèvement de la touche et tonalité des pièces de bois).

Une rencontre.

- Pour faire honneur à la guitare archtop et à cet ouvrage, je vous propose de découvrir Jean-Pierre Laplante à travers une interview.

- Ensuite quelques pages de l'ouvrage dont le sommaire dans sa totalité vous en donneront un aperçu.

- Pour finir et mettre en avant cet instrument, j'ai regroupé pour vous les cinq vidéos réalisées au Salon de Guitare de Montréal cette année par Brice Delage sur les guitares des luthiers Brua, Grellier, Laplante, Applegate et Swanson (Dagmar).


Prochainement sur laguitare.com : Le modèle archtop "Lombardine" des luthiers des guitares La Fée vous sera présenté en vidéo.

Le livre est disponible sur Amazon.com

A suivre donc mais pour l'heure, suivez le guide, c'est par là que ça se passe ...

Jacques Carbonneaux - Septembre 2011

Interview de Jean-Pierre Laplante


LG : Qui est Jean-Pierre Laplante ?

Jean-Pierre Laplante : Né au Québec il y a quelques années. J'y ai fait mes études universitaires (chimie) mais ai du me relocaliser en Ontario (Kingston) pour le travail (poste de prof/chercheur dans une petite université. Ce travail m'a permis de voyager régulièrement en France et en Belgique où j'avais des projets de recherche en collaboration avec des groupes du coin (Toulouse, Bordeaux, Paris, Bruxelles). Au fil des années, plusieurs de ces collaborateurs sont devenus des amis et je retourne les visiter le plus souvent possible.

Pour ce qui est de ma passion de la guitare, j'ai acheté ma première à l'âge de 14 ans et n'ai cessé d'être fasciné par cet instrument depuis. Je n'ai jamais dépassé le stade de guitariste très moyen mais je ne compte plus le nombre de guitares que j'ai démontées et remontées dans la vingtaine! J'ai finalement réussi à trouver le temps de renouer avec cette passion il y a un peu plus de 15 ans maintenant.

J'ai pris ma retraite du boulot il y a un peu plus de 4 ans et je me consacre depuis ce temps à temps plein à ma passion de jeunesse. Ma production est relativement modeste (6-8 guitares/an de ces temps-ci), dont plus des 3/4 sont des archtops électriques. Heureux hasard, la sortie du livre coincidera probablement à peu de jours près avec la naissance de ma 50ème guitare !

Et ce qui est bien avec ce métier, c'est qu'on ne travaille que des demi-journées. On fait ce qu'on veut des douze heures qui restent...

LG : Combien de temps faut-il pour mettre en place un tel ouvrage ?

Jean-Pierre Laplante : J'ai débuté l'écriture du livre en septembre dernier et donc, il m'aura fallu un peu plus d'un an de travail.

Voici comment cette aventure a débuté. Depuis quelques années, je documente la construction de certaines de mes guitares au moyen de photographies prises au cours des différentes étapes de la construction. Surtout dans le cas de commandes spécifiques, mes clients aiment souvent voir comment on en est arrivé au produit final à partir des matériaux bruts.

La plupart du temps, je me contente de 25-30 photos mais puisque les 3 guitares dont je commencais la construction étaient destinées à être présentées au Festival de la Guitare de Montréal, je me suis dit que j'en ferais un peu plus cette fois-ci. D'autre part, très tôt dans la documentation photographique initiale, je me suis rendu compte qu'un texte explicatif s'imposait pour satisfaire les curieux. Tout naturellement, ceci s'est transformé en projet de livre. C'était parti ! Le jour à l'atelier, et les soirées à l'écriture. Passionante expérience.

Note : Tu auras compris qu'en fait, il ne m'était jamais venu à l'idée d'écrire un livre sur le sujet jusqu'à l'an dernier. Le livre de Benedetto (la référence sur le sujet) est tellement bien fait qu'on peut se demander ce qu'il y a à ajouter sur le sujet. Je crois toutefois que la démarche "étape par étape" que je présente dans ce livre est peut-être un peu plus transparente, surtout pour celles et ceux qui ne sont pas, ou peu, initiés au travail de lutherie.

Suite à la version papier, j'entends également faire publier ce document en version digitale. Toutes les photos apparaissant dans le livre sont en résolution suffisante pour permettre un agrandisssement significatif pouvant mettre en relief un détail important ici et là. Ceci pourrait être particulièrement d'intérêt pour ceux qui en sont à leurs premiers pas dans la construction de ce type d'instruments. A suivre !

LG : Depuis les débuts de la guitare archtop initiée par Orville Gibson et Lloyd Loar, quelles ont été les grandes évolutions dans la fabrication d'une archtop ?

Jean-Pierre Laplante : Je suis loin d'être une référence en matière d'histoire mais je ne crois pas qu'il y ait eu de points de bifurcation "majeurs" en ce qui a trait à la façon dont ce type de guitare est construit depuis la sortie de la L5 de Gibson-Loar en 1923. La table d'harmonie et le fond de la guitare ont par exemple conservé leur forme en dôme caractéristique, et l'assemblage des éclisses et du manche se fait essentiellement de la même façon depuis près de 100 ans (ce qui est aussi vrai pour la grande majorité des guitares classiques et à cordes d'acier).

Donc, aucune révolution mais une évolution certes, et ce dans plusieurs domaines: arrivée de l'amplification avec la première guitare électrique archtop avec micro suspendu (1936, Gibson ES150), puis peu par après du barrage en X de D'Angelico, et finalement en 1949, de la Gibson ES175, la première archtop multipli et munies de deux micros directement fixés à la table.

Concernant ce dernier développement, certains puristes purs et durs de l'archtop acoustique diront que c'était là un pas en arrière mais personnellement je crois que c'était tout simplement un pas dans une autre direction : celui de l'archtop moderne, prête avant son temps aux scènes où l'amplification règle en maître...En studio la situation est différente mais sur scène, il faut se faire entendre à travers la batterie!

LG : Es-tu resté dans la tradition de la construction d'une archtop ou es-tu partie sur d'autres pistes, d'autres innovations ?

Jean-Pierre Laplante : Ma clientèle se compose en bonne partie de musiciens professionnels et d'amateurs "sérieux" qui rêvent depuis longtemps d'une archtop et/ou qui recherchent un son différent de ceux qui peuvent être obtenus des guitares à corps solide. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce groupe, quoique ouvert aux approches novatrices, demeure relativement conservateur.

Notre soif d'innovation se doit donc de composer avec ce que le client recherche dans ce type d'instrument. Je demeure donc relativement conservateur dans mon approche globale de la construction mais tente plutot d'innover du côté design (utilisation de bois exotiques, décorations, couleurs, etc), l'objectif étant d'en arriver à un instrument attrayant du point de vue esthétique mais surtout à un instrument dont le musicien ne voudra jamais se séparer...

Interview réalisée par Jacques Carbonneaux - Septembre 2011 - http://www.laplanteguitars.com/

 
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