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PRéSENTATIONS - CHRISTOPHE HUORT RENCONTRE AVEC LE LUTHIER

  
LUTHERIE - Christophe Huort - Portrait
REDACTEUR : JACQUES CARBONNEAUX
 
Les luthiers ont tous des parcours différents et certains pourraient même en écrire un roman !

Qu'il soit classique ou atypique, le chemin parcouru pour devenir luthier fait partie de l'histoire des guitares qu'il réalise. Tout comme nous aimons connaître les raisons qui a poussé notre chanteur ou musicien préféré à être l'artiste qu'il est devenu, nous accordons un grand intérêt à nous informer des raisons de la carrière de celui qui réalise la guitare de nos rêves.

Je vous présente aujourd'hui l'histoire du luthier Christophe Huort. Luthier spécialisé en basse et guitare électrique, installé dans la Vienne (86), son parcours est assez original et mérite d'être lu. Une présentation de deux de ses modèles électriques Twit et Liberty suivra ce portrait.

Voici l'histoire de Christophe Huort par Christophe Huort :
 
Jacques Carbonneaux
- le 12 septembre 2012
 
Je suis né à Jonzac (17) en juin 1963 mais mes parents se sont expatriés en Afrique dès octobre 1964. J'ai débuté la musique par la guitare en 1975, en Côte d'Ivoire, mais suis très vite attiré par la basse, pour ne pas dire happé.

Premier déclic

Retour en France en 1977, à Saintes (Charente-Maritime), le berceau de la famille. Dans une petite ville du Sud-ouest comme Saintes, environ 20000 habitants à l'époque, il y avait deux gros magasins de musique ! Je restais littéralement scotché devant les vitrines remplies d'instruments que je n'avais vu jusque là que sur les pages des magazines.

C'est dans ces années qu'a débuté l'ascension de la marque Ibanez.
Ayant grandi hors d'Europe je n'étais pas empreint (voire conditionné) par la culture américaine, ce qui me permettait d'aborder les choses sans a priori ni influence. J'étais un fan d'Ibanez de la première heure. Cette marque bouleversait le paysage musical, se jouant des ordres établis, et j'aimais cela. Je n'admets pas de limite dans mes rêves, surtout pas la notion « d'allégeance » aux standards. De toute façon pourrait-on imaginer un sportif qui se dirait que le record du monde n'est pas atteignable ? Autant changer de boulot tout de suite !


Deuxième déclic


Ce fut en 1978, une vidéo promotionnelle produite par le groupe T.I.P. (Tama/Ibanez/Paiste). Les portes des usines s'ouvraient enfin et on y voyait tous les processus d'élaboration des guitares. J'ai compris que cet objet n'avait rien de « magique » mais qu'il se fabricait tout simplement selon des règles.
C'est de là que j'ai opté pour l'enseignement technique. A partir de là, les dés étaient jetés. En décortiquant la fiche technique d'une guitare j'en ai déduit qu'il me fallait la mécanique et l'électronique ; d'où ma double formation Bac F1 + 1ère année d'IUT Génie Mécanique et Bac F2 + BTS Electronique... évidemment ça a pris un certain temps !

La machine en marche

Ma première guitare fut tentée avec mon grand père dans son atelier de Saintes vers 1979-80, mais la première vraiment « jouable » n'apparut qu'au printemps 1986 (Entre temps j'avais déménagé à Poitiers où j'étais en fac de sciences expérimentales).

J'ai envisagé le professionnalisme à partir de 1989, mes fabrications ayant atteint une qualité « commercialisable ». C'est l'année suivante que j'ai rencontré Maurice (Dupont) qui m'a proposé la sous-traitance de mes vernis, ce qui m'ôtait une sacrée épine du pied car je travaillais alors sur le balcon d'une HLM !
A l'époque, il n'avait qu'un seul salarié, il avait bâti une solide réputation avec ses guitares classiques et démarrait les copies Selmer. Il m'a proposé de les rejoindre pour développer l'électrique, ce qui me plaçait face à un dilemme, étant donné que j'envisageais déjà de créer mon atelier à Poitiers...

Après réflexion, j'ai accepté en me disant que ce serait pour un an ou deux, le temps d'être plus à l'aise financièrement.

En fait, ça a duré huit années durant lesquels les réalités économiques d'une petite entreprise m'ont amené à faire des tas de choses passionnantes, mais tout compte fait assez peu d'électriques. Au final, cela reste pour moi une expérience très riche car j'ai pu vivre les étapes (parfois rudes) du développement de ce type de structure.

J'ai démissionné durant l'été 1999, à la fois un peu las de la lutherie (si, si, ça peut arriver...) mais aussi parce que, le « petit luthier » s'étant affirmé, on tendrait tôt ou tard à se retrouver à « deux coqs dans le même poulailler ».

Y'a-t-il une vie après la lutherie ?

J'ai aussitôt réintégré l'industrie (lourde !) où je n'ai eu aucun mal à me réinsérer ; d'ailleurs je me suis toujours défini comme un pur produit de l'industrie plus que de l'artisanat...

Installé dans le Lot-et-Garonne, j'ai refait mes armes dans une entreprise métallurgique. J'y découvre la logistique, l'international, la gestion, et surtout l'outil informatique à forte doses (bureautique, internet, G.P.A.O. et C.A.O.), en bref je suis plutôt apprécié et surtout si satisfait de ma reconversion que je pense même avoir tiré un trait définitif sur la lutherie.

Hélas, de 2000 à 2002 plusieurs évènement familiaux majeurs m'insistent à me rapprocher des miens et donc à retrouver un poste équivalent dans ma région d'origine, le Poitou-Charentes. Mais qui dit nouvelle entreprise dit nouvelle ambiance... et immanquablement nouveaux actionnaires...

L'enseignement

En septembre 2004, l'ITEMM recrute un nouveau responsable pour la section « guitare » je décide de me laisser séduire pas l'expérience de l'enseignement, je démissionne de l'industrie. A l'ITEMM, je peux enfin concilier sur le même poste de travail mon expérience en lutherie ainsi que tous mes autres acquis en gestion, coordination, et logistique...

J'ai l'impression de mettre à profit l'intégralité de mon CV tout en permettant à des jeunes d'apprendre ce métier, chance que moi je n'avais jamais eue !

Chassez le naturel

Courant 2005, je profite d'habiter une maison où subsistent les locaux d'une ancienne forge pour y installer un atelier de fortune qui me sert d'abord à élaborer les travaux pratiques pour les élèves, puis de fil en aiguille quelques prototypes de modèles qui me trottaient dans un coin de la tête...

En octobre 2005, mon entreprise est officiellement créée parallèlement à mon poste à l'ITEMM. Je concilie les deux activités durant quelques temps et je démissionne de l'ITEMM début 2008 pour me consacrer à plein temps à la création de mes modèles.

Propos de Christophe Huort - le 12 septembre 2012
- Le site Web

Le modèle Twist à gauche et le modèle Liberty vous seront prochainement présentés.
 
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