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UNE GUITARE : comment ne pas arriver à se décider (suite)

Alors à force de fréquenter cet énergumène, de jouer avec lui et un troisième larron (plus proche de ma vue de la guitare), je me suis dit (et Jacques s'est empressé de me bourrer le crâne) que je devrais peut-être faire un effort. Mais, ça m'a pris 2 ans de réflexion. Vu que mon budget était relativement modeste (2000f), je ne pouvais guère jouer le difficile. J'avais peur, malgré tout, de gaspiller ces 2000f dans une guitare dont je me lasserais vite. J'ai d'abord fait le tour des magasins. Mais sur Paris, à chaque fois, je dérapais. Dès que je voyais une Martin, je sautais dessus. (Martin n'est pas une fille, mais une des plus célèbre marque de guitare). J'ai rapidement changé de méthode. J'ai demandé conseil à Jacques qui m'a filé deux tonnes de bancs d'essais (je ne sais pas d'ou il sort tout ça), j'ai recensé mes besoins, ce que je recherchais dans une guitare pour me fixer deux ou trois modèles au maximum. Soit, une Dreadnought ou Jumbo (mais faut pas rêver dans ces prix la), acoustique, des mécaniques fiables, un manche doux (mes doigts crient grâce maintenant), de bonnes basses (habitude du picking), avec un son général puissant et équilibré. Bref ! La lune. Quoique le reste, bois, couleur, ça me passe au-dessus. Je veux bien jouer sur une guitare rose en contreplaqué si elle correspond au son et au touché que j'en attends. J'ai mis tout le monde sur le pont. Des copains m'ont amené leur guitare (Cort, Takamine) dont ils sont (fort justement) amoureux. J'en ai essayé pas mal, mais aucune ne m'a emballé.

Alors je suis allé chez mon petit revendeur musical, comme ça, histoire de lui raconter mes déboires. On ne sait jamais. Et il me l'a présentée. Brune, plutôt jolie, mais d'une beauté discrète, pas du tout tape à l'œil. Pile, mon genre. Je n'ai su quoi dire. Quelque chose est passée car je suis revenu le lendemain faire un peu plus ample connaissance. Je l'ai abordée, le courant passait. Je suis sorti en ne pensant qu'à elle. Et puis, je suis revenu le lendemain, et j'ai passé le pas. Maintenant, elle est chez moi. L'entente est parfaite. C'est une guitare simple. Une Nash N12. Nash une marque allemande ('rachetée depuis par des Coréens, je crois). La guitare est une folk acoustique (pas d'électronique) de forme Dreadnought, sans pan coupé. Elle est très légère, vernis clair sur la table et foncé sur la caisse et le manche. Une petit 'N' nacré sur ce manche est le seul signe de folie, typiquement germanique, de la décoration. De plus, pour un prix plus que raisonnable : 1790f, vous possédez une guitare avec une table massive. Ce qui n'est pas forcément un gage de qualité ou de rendu sonore, mais qui dénote d'une certaine idée de savoir-faire. Pas mal ? (ne me demandez pas le bois, je n'y connais rien).

Les mécaniques sont à bain d'huile, le manche est très confortable, absolument pas fatiguant Le picking est pur bonheur de douceur et de facilité. C'est une excellente guitare d'accompagnement. Elle a de la puissance et un bon équilibre. Je lui ai fait subir les pires outrages durant ces vacances (coffre de voiture, ou tente en plein soleil) et elle n'a pas bougé d'un millimètre. J'ai eu l'occasion d'essayer les modèles supérieurs de cette marque (plus de 3000f). On y retrouve les mêmes qualités sonores. Les différences sont, bien sur, dans le choix des bois. Mon seul regret, en même temps mon bonheur, car quelque part je m'y retrouve, c'est la trop grande discrétion de cette guitare. J'ai bien failli passer à coté d'elle sans l'aborder.

Pour tout dire, je la préfère aux entrées de gamme Martin, à tous les niveaux (je joue en moyenne 2heures par jour). J'ignore comment elle va vieillir, mais je la conseille à tous les petits budgets.

Pour les gamins débutants, c'est un vrai cadeau de Noël.
Pour les amateurs avertis, c'est une sacrée bonne surprise.

Toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé est le fruit de mon imagination débordante.

JPH