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Reportages :

PORTRAITS - RALPH GAUCK PORTRAIT

  
PORTRAIT - Ralph Gauck ou l'art du touché
REDACTEUR : BOB BONASTRE
Ralph Gauck

Peu nombreux sont les bassistes jouant sur une guitare basse acoustique et encore moins sont ceux qui osent monter seuls sur scène, ou bien enregistrer tout un album seuls…
Il y a là, forcément, quelque chose de l’ordre du choix absolu de l’intégrité musicale ,sans concession et dépouillée de toute envie de séduire à tout prix.

J’ ai rencontré Ralf la toute première fois lors d’un festival de guitares que j’organisais, attiré par la démarche originale et les recommandations de mes amis musiciens étrangers avec qui j’ ai développé un tissu de relations humaines et artistiques très riche.

Malheureusement, pris par l’organisation débordante d’imprévus de l’ évènement, je n’ avais pu assister  au concert de l’ artiste que j’ avais invité . Un comble !

Mais l’occasion me fut donnée quelque temps plus tard de croiser de nouveau le chemin de Ralf lors d’une tournée en Hongrie, et je pus réaliser alors à quel point cet artiste était à part dans le monde des « cordes ».

Tout d’abord, par le choix de son instrument, qui fut dans un premier temps une Höfner (celle de Maca !) fretless, puis une  énorme guitare basse, dont j’ ai oublié le nom et qui le faisait ressembler à un  de ces joueurs mexicains de mariachis, et enfin une Stoll, petit joyau que j’ ai eu l’occasion d’essayer et qui est déconcertante de facilité et de douceur.

De plus, l’utilisation de cordes en nylon, chose rarissime sur une basse, donne au tout une douceur et une qualité de réponse que la délicatesse et la sensibilité du musicien mettent encore plus en valeur.

Apres avoir joué longtemps dans un groupe de rock allemand, star outre-rhin, « Chantal » (si,si !), l’homme qui avait eu le privilège d’aller enregistrer aux mythiques studios d’Abbey Road, en profita pour enregistrer tout un album dédié aux Fab four , « A hard day’s night ».

Celui-ci succédait un autre dédié à l’œuvre de Sting,  « Fields of gold », lequel, séduit par le projet, lui donna l’autorisation très enviée d’enregistrer ses titres. L’album fut enregistré au Rainbow studio d’Oslo, par Jan Erik Kongshaug, preneur de son de, entre autres, Keith Jarret, Pat Metheny et bien d’autres pointures.

Ces deux albums valurent à Ralf Gauck d’être lauréat des « Awards « allemands ( comme bassiste et comme artiste solo) en 2007 et 2008. Mais, au-delà  de cette consécration, ce qui m’a séduit chez ce musicien, c’est l’attention qu’il porte à la musique qu’il joue, que ce soit la sienne ou celle d’autres musiciens.
Une grande concentration, une infinie douceur (je n’ arrive même pas à l’imaginer en colère dans la vie courante…) et une musicalité qui l’amène à prendre des risques jusque dans le dépouillement, et l’interprétation sans aucune frime, de thèmes connus. Il n’y a chez ce musicien, aucune envie de frime ou de volonté d’impressionner, chose suffisamment rare pour mériter d’être signalée…
 


Evidemment, il faut aussi du courage pour prétendre exister, dans ce contexte, en tant qu’artiste de scène, et c’est la raison pour laquelle on voit de plus en plus Ralf Gauck fréquenter les scènes des festivals plutôt dédiés aux guitaristes, qui l’ont accueilli avec beaucoup de respect.

Voici les liens des sites et une vidéo ci-dessous de cet artiste « à part », qui mérite vraiment qu’on lui offre notre attention.

En écrivant ces lignes, j’écoute son dernier album en duo (une nouveauté !) avec le guitariste hongrois Sandor Szabo (un autre ami), "Daybreak " et  je réalise à quel point ces deux instruments peuvent se compléter, et ouvrir d’autres horizons aux musiques de ce siècle.

Sites :

- www.ralf-gauck.de
- www.myspace.com/ralfgauck

Bob Bonastre - mai 2011

 
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