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Croque Notes          - Texte de Jean-Pol D'hulst - Illustration Thierry Lamouche
Le douze cordiste


Je suis un guitariste plutôt comblé. Pas coté technique, mais côté instrument. Par chance, hasard, promotion ou solde, dès mes "glorieux" débuts de guitariste, vers l'age de 15 ans, ma première guitare achetée sera une douze cordes. Et c'est sur ce type d'instrument merveilleux que j'ai progressé et même appris le picking. Personne ne veut me croire et pourtant c'est vrai. La preuve en est de mon poignet gauche hypertrophié. Il paraît que l'on appelle cela le DouzeCordElbot, mais je n'en suis pas sur.

Instrument merveilleux certes, mais réservé à ceux dont la patience n'a d'égal que la solitude musicale qu'il engendre. Que d'ennuis avec ce type d'instrument. Comme dans certaines formules physiques, on peut dire que le somme de ces ennuis augmente proportionnellement avec le carré du nombre de cordes.

En groupe, le douze cordiste est vite un animal encombrant. Et ça commence avant même de jouer. 10 minutes de prestation pour 25 minutes d'accordage. Sachant qu'après 20 minutes, il faut accordez de nouveau. Et je ne vous parle même pas d'un changement de cordes, vous ne me croiriez pas !

Ensuite, si vous décidez de jouer tous en acoustique pur, il va piquer tout l'espace sonore. Qu'à cela ne tienne, me direz-vous, jouons en électro-acoustique. Ah ! mais pas de problème. L'animal est docile et discipliné. Après le démontage des 10 premières cordes pour remettre une pile neuve, retour à la case départ: remontage des cordes, accordage. Déjà 2 heures de studio à 80 f de l'heure et pas un semblant de début d'amorçage de commencement de répétition.

Réglage du son. Alors la, on peut atteindre des sommets avec un piézzo. Trop d'aigus, ça ressemble à une approche des pistes d'Orly sud en jours de pointe, trop de médiums, nous entrons en plein baroque via un son de clavecin, trop de graves et on se retrouve avec les membranes de haut parleur autour du cou.

Ca finit toujours en compromis juste au moment ou la petite lumière rouge du studio clignote pour signaler la fin des 3 heures de location :

"Heu ! Jean-Pol, la semaine prochaine, prends plutôt ta basse"


JPH
- Thierry Lamouche