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Au
début des années 70…Rosine avait fini
des études d'art et j'étais un " brillant "
étudiant dans une faculté parisienne… quand m'est
venu l'envie pressante de savoir comment était construite
la guitare que j'utilisais (une Framus copie Martin achetée
en 1966). Je dévorai alors le peu de littérature existant
à l'époque.
J'avais découvert la guitare d'abord électrique au
début des années 60, mais les sonorités acoustiques
des guitares américaines jouées par Bob Dylan, Doc
Watson, et leurs congénères m'avaient très
vite impressionnées. Au fur et à mesure que je découvrais
la scène acoustique américaine, je ne voyais plus
que des Martin. Je rêvais donc d'une Martin, mais n' avais
pas les moyens de me l'offrir. Elle est tellement associée
à toute la musique acoustique de la fin du 20e siècle.
Et qui n'a pas joué ou rêvé de jouer sur une
belle américaine, celles qu'on voit dans les mains de tous
les guitaristes qui nous influencent.
Très vite je décidai donc d'en fabriquer une. C'est
la rencontre avec Françoise et Daniel Sinier de Ridder, luthiers
déjà installés Galerie Véro Dodat qui
fut décisive pour notre avenir. Ils nous initièrent
à la lutherie en général et à la restauration
de tous les instruments à cordes. C'est à cette époque
que nous avons découvert les arcanes de la fabrication d'une
guitare mais également d'une vielle à roue, d'un cistre,
d'un luth et tout instrument avec un manche , une caisse et des
cordes.
Puis Françoise et Daniel ont décidé de partir
s'installer en province, et nous avons donc repris la boutique à
ce moment, c'était en 1979.
Rosine s'est alors spécialisée dans la restauration
des instruments anciens et après 25 ans d'expérience
elle travaille aujourd'hui pour des collectionneurs, mais également
pour les musées de Paris, Nice et Montluçon. Elle
a aussi longtemps été responsable de l'UNFI une association
de luthiers artisans. Aujourd'hui elle fait partie de l'équipe
qui s'occupe de la formation en lutherie guitare de l'ITEMM au Mans.
De mon côté
je restais fidèle à mes guitares en faisant parallèlement
un peu de fabrication et beaucoup de restauration et en proposant
progressivement à la vente, un choix d'instruments uniquement
de qualité, plutôt anciens et vintage.
Les musiciens sont alors venus, progressivement, chez nous chercher
l'instrument qu'on ne trouve pas dans les autres boutiques, une
vieille Martin, une Gibson, un Dobro, un banjo, une guitare hawaïenne,
un ukulélé…
Nous avons toujours privilégié la qualité.
Quand je vends une guitare c'est souvent un déchirement que
de la voir partir, car je l'avais achetée comme si elle avait
été pour moi. Je pense que les gens qui viennent chez
nous le sentent. Et puis ils sont libres de les essayer dans la
pièce du premier étage, de les goûter, de les
apprécier.
Nous ne proposons de toute façon que des instruments triés,
sélectionnés, éventuellement restaurés
mais de façon professionnelle. Nous voulons rester un lieu
privilégié où les gens peuvent rêver
et se rendre compte qu'ils peuvent accéder à leur
rêve. Nous proposons des instruments qui souvent sont taxés
d'instruments de collection, ils le sont par leur rareté
, leur état, leur exception, mais ce sont d'abord des instruments
à jouer. L'instrument ancien (occasion ou vintage) a tout
pour lui. Il a joué, les bois sont stabilisés, il
a une histoire et c'est souvent un placement financier. On m'a proposé
(je ne l'ai malheureusement pas acheté) en 1985 une Martin
D45 de 1941 en palissandre de Rio pour l'équivalent de 15.000
euros. Dix ans après cette guitare se vendait 75.000 euros,
aujourd'hui elle est à vendre 140.000 euros !! Et puis mettre
les mains sur une Gibson L0 de 1930 c'est un peu jouer avec Robert
Johnson ou sur une Martin D 18 de 1959 avec Elvis.
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