Bah comme pour le prix de tous les objets dans le monde (tu as du apprendre ça en cours)
- le coût de revient (le prix de fabrication : matières premières, énergie, amortissement, salaires des employés, etc.)
- la valeur ajoutée qui dépend du prestige de la marque, lequel détermine le prix que les acheteurs sont prêts à payer.
- la fiscalité applicable à la production.
Alors pourquoi une épiphone vaut 3 à 4 fois moins cher qu'une Gibson ? La marque tend à justifier la différence par l'augmentation des coûts de revient dus à une meilleure qualité. Oui, indéniablement, MAIS...
Il est peu probable que la différence des coûts de revient soit proportionnelle à celle des prix. Autant dire que la VA est bcp plus importante chez Gibson que chez Epi, non seulement en valeur absolue mais aussi en pourcentage. Ainsi les faibles cadences de production de chez Gibson s'exliquent moins par la qualité (il suffirait d'enggager plus d'employés pour produire plus et faire des économies d'échelle) que par la volonté de créer une pénurie, laquelle est à la fois un argument de markéting et un moyen de garder des prix élevés, lesquels sont un aussi un argument de vente. C'est cher parce que c'est bien ou c'est bien parce que c'est cher ?
On est là dans le segment des produits de luxe qui ne répondent pas du tout aux mêmes logiques que les produits industriels classiques. Tu devras impérativement dans ton travail prendre en compte la segmentation du marché de la guitare électrique, lequel à ce que j'ai observé, se fait en quatre morceaux :
- l'entrée de gamme : produits pas chers, aux marques d'usine ou de magasins, voire sans marque (on va dire moins de 300 euros)
- la moyenne gamme, segment très porteur je crois aujourd'hui, notamment grâce au net (économie faite sur les intermédiaires) : marque au prestige moyen ou ayant développé des modèles "grands publics" (squier, epiphone, ibanez, yamaha)
- le haut de gamme avec les marques prestigieuses (gibson, fender, PRS et tout le toutim). La frontière avec la moyenne gamme se fait assez nettement entre 1000 et 1500 euros. On est là dans al production semi-industrielle.
- le très haut de gamme : certaines marques, les custom shop, les modèles signatures, les occasions de prestige, les guitares de luthier. Modèles rares, dans tous les sens du mot. Public professionnnel + collectionneurs ou dépense unique de prestige. La frontière avec la gamme précédente est pas claire (ex des luthiers) : à vue de nez je dirais 3000 euros.
dans ces quatre segments, le rapport prix de revient/VA varie fortement : la justificaiton du prix d'une guitare de luthier ou d'une custom shop n'est pas la même que celle d'acheter une LP Jimmy Page signature.
Ce que je trouve intéressant, c'est par exemple de voir la différence entre Gibson et Fender. Pour être présent sur la moyenne gamme, Gibson utilise Epiphone. Ca lui permet de ne pas avoir à brader ses guitares et donc son prestige. Inconvénient : attitude ambivalente des prescripteurs d'achat vis à vis des Epi. J'ai une PRS (marque de prestige) mais un modèle moyenen gamme la série SE) valant 600 euros. Or, une PRS à 600 euros reste une PRS avec le prestige associé; une Epi à 600 euros n'est pas une Gibson... (et pourtant si)
Fender a une attitude différente (mais je ne connais pas ses liens avec Squier) dans la mesure où la marque a organisé sa propre hiérarchie avec les licenses mexicaines et sud asiatiques.
Bref, la fixation du prix d'une guitare ne se résume pas à l'adition du coût des matières premières. Il ne faut pas penser qu'une Gibson est chère PARCE QU'on y met deS bois rares. C'est l'inverse : on y met du bois rare PARCE QU'ellE est chère.
