|
Le
salon de la zique 2008 a donc fermé ses portes il y a peu et, bon,
il est clair qu'il nous avait plongé dans un abîme de perplexité
avant même d'ouvrir ce salon. Il ne devait pas y avoir de bruit,
annonçaient les organisateurs, les exposants devaient s'offrir des
cabines relativement insonorisées. Un salon de la zique sans zique…Nous
avions décidé de ne pas y aller et puis finalement, on a décidé
le contraire sans vraiment savoir pourquoi en tout cas moi, je ne
sais pas pourquoi Jaco a voulu y aller et, je ne le
lui ai pas dit non plus alors…
Comme cela fait un moment que l'on veut dynamiter cet Edito devenu
trop personnel à mon goût, ouvrons le bal avec un jeu de questions
/ réponses et commençons à semer les graines d'une nouvelle " ligne
éditoriale " qui s'imposera…ou pas.
Ricardo : Bon Jaco, dis moi mon grand, pourquoi tu as voulu y
aller toi, à ce salon de la zique ?
Jacques : Cest
simple. La première raison, est quil me semblait indispensable
que laguitare.com y soit à partir du moment où, certains
luthiers avaient pris la décision dy être. Déjà,
pour faire écho de leur présence mais aussi pour discuter
avec eux de lintérêt économique pour un
luthier dy être. Il semble que pour la majorité
ce fut un succès (ventes et commandes passées). La
deuxième raison est que je voulais voir comment Reed expo
allait se sortir de ce casse-tête qui est dorganiser
un salon de la musique et du son avec le moins de bruit possible.
Le premier jour était calme, les exposants faisant leur possible
pour maintenir le son de leurs démonstrateurs à un
niveau raisonnable. Les jours suivants, surtout le samedi et dimanche,
tout le monde sest lâché et on était content
de sortir de cette cacophonie !
Jacques : Dailleurs, tétais où toi
? Je tai vu partir avec une mini-caméra et un appareil
photo mais nous navons pas encore vu trace de tes images.
Alors, Alors ??
Ricardo : Moi,
puisque tu ne me le demandes pas, jy suis allé par
plaisir, celui de rencontrer des musiciens que jaime, qui
vivent éparpillés aux quatre coins de lhexagone
et qui pendant ces quelques jours sont là. Je ne mattendais
pas à ce quil y ait des nouveautés alors, avec
la mini cam, jai enregistré des petites séquences
qui donneront naissance à ce que jappelle déjà
dans ma tête « la page des potes ». Va
falloir que je te coince un moment pour « convertir/assembler/capter
» tout ça et le rendre présentable.
Ricardo :
Bon Ok, mais dis moi, as-tu trouvé ce quà titre
personnel tu cherchais dans ce salon ?
Jacques : Ah,
ah ! la question qui tue. Ma foi, pas vraiment. Je suis un fan de
guitares acoustiques et autant te dire que là, impossible
de les essayer. Je my attendais un peu à vrai dire
mais ayant participé aux deux éditions du salon de
guitare de Montréal où 10 cabines étaient à
disposition des visiteurs pour essayer en toute tranquillité,
des guitares de rêve. Je dois dire que je suis devenu exigeant
sur ce type de manifestation. Dailleurs en passant, on a beaucoup
à apprendre de nos cousins Québécois à
ce sujet !
Jacques :
Ok pour les potes musiciens que jai hâte de mettre en
ligne sur le site mais as-tu vu des instruments ou produits nouveaux
à cette édition ? parce que moi très peu.
Ricardo : En
fait oui et non, oui jai vu deux nouveautés qui devraient
faire mal mais en même temps, à ce jour, elles ne sont
pas en production industrielle. Il y aura eu une pédale deffets
construite par notre pote Gérard Cortier fondateur
des amplis NOS
qui partageait avec nous, le stand que nous avions en 2006, cette
pédale aura sauvé la mise dIbanez qui après
avoir détruit 3 têtes damplis sest retrouvé
sans rien pour continuer les démos, Manu
Livertout est venu emprunter cette pédale et a couché
tout le monde. Gérard a un nombre de pré-commandes
proprement hallucinant, le joujou devrait être vendu aux alentours
de 250€ et, jen reçois une pour test dès
quil la construite.
Le deuxième
truc sera produit par Two
Notes, il sagit dun « Super DI »
pour simplifier, il émule 40 baffles différents et
autant de micros, sa particularité est, quil reproduit
le son en fonction de lemplacement du micro. Entre nous, lorsque
que tu joues très vite en aller retour, le délai de
5ms de latence sentend mais, encore une fois, il nest
pas achevé. Wait and see.
Ricardo :
Tu en a pensé quoi au fond de ce Salon à deux vitesses
avec, dun côté ceux qui pouvaient se payer des
cabines et de lautre ceux qui ne pouvaient et qui auront foutu
un bordel salutaire, de mon point de vue avec, en toile de fond,
une organisation finalement totalement larguée ?
Jacques : Zy va comme tu balances sec !!! En même temps, tu
nas pas tort. Dun côté, il y a les grosses
marques qui ont le budget nécessaire pour se payer ce quil
faut et de lautre, les petits qui se saignent pour participer
à ce type de salon. Lécart est en effet trop
important et cest dommage. Il faut cependant rappeler que
Reed Expo est un organisateur de salons au sens large
et pas du tout un professionnel de la musique. Par contre, ils sont
commandités par CSFI (Chambre Syndicale de la Facture
Instrumentale) qui eux sont censés connaître un peu
mieux comment un salon de la musique doit être organisé
et éviter que les gros nécrasent les petits.
Dailleurs au sujet de la CSFI, je tiens à pousser
un coup de gueule sur labsence totale ou dérisoire
daide consacrée aux luthiers artisans. Bref,
on ne va pas se faire des amis, là !!
Jacques :
Du coup, si nous ne sommes pas bannis et interdits dentrée
pour la prochaine édition, voudrais tu y retourner ?
Ricardo : Sur
le principe oui, pas forcément pour les mêmes raisons
même si, revoir les potes sera toujours un truc immense pour
moi. Ce qui me pousse à te dire oui à ce jour, cest
un regard très différent du tiens, moi jaurais
passé beaucoup de temps chez les écuries de course,
Algam et Hi-Tech soit, Lag et consorts dun
côté et Vigier & C° de lautre.
Tu le sais, jai rencontré leurs patrons respectifs,
jai pu discuter librement avec eux, pas forcément sur
des sujets faciles tels que limpact dun tel évènement,
les risques pris, les retombées attendues tant directes quindirectes.
Cela aura été
enrichissant, Hi-Tech malgré sa stature, travaille
de très près avec ses artistes, conçoit
des choses en prise directe avec les musiciens, cen est étonnant
et surtout, risqué. Algam à une approche
plus globale, plus diversifiée, business diront les crétins
irréfléchis mais, sans fric, pas d'expos, de scène
ni de quoi que soit enfin, pour en finir, rencontrer les mecs de
chez WSL
qui se positionnent en « entrée de gamme » avec
des instruments qui tiennent la route aura été rafraichissant.
Entre nous,
ce qui maura foutu les boules, cest que malgré
le mandatement du CSFI, lorganisation aura quand même
rentabilisé la moindre parcelle de « terrain »
louée avec un niveau de service inexistant, pas même
une table ou une chaise prêtée
De mon point
de vue, il y aura bien eu deux vitesses et donc, deux considérations
différentes mais, ne tinquiètes Jaco, si nous
payons, ils nous accueillerons, cest la règle ou plutôt
leur règle.
Jacques
: Bon pour conclure et rester optimiste, je pense que les choses
ne peuvent qu'évoluer dans le bon sens. Pour cela, il suffit
de prendre les choses en main pour la prochaine édition et
essayer de faire en sorte de faire venir à ce salon le plus
de luthiers possible. J'ai bien réussi à en catapulter
17 à Montréal, il serait dommage de ne rien pouvoir
faire à Paris !
Suite au prochain numéro !!
Ricardo et Jacques le 30 septembre 2008
|