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EDITO
OCTOBRE 2008

Le salon de la zique 2008 a donc fermé ses portes il y a peu et, bon, il est clair qu'il nous avait plongé dans un abîme de perplexité avant même d'ouvrir ce salon. Il ne devait pas y avoir de bruit, annonçaient les organisateurs, les exposants devaient s'offrir des cabines relativement insonorisées. Un salon de la zique sans zique…Nous avions décidé de ne pas y aller et puis finalement, on a décidé le contraire sans vraiment savoir pourquoi en tout cas moi, je ne sais pas pourquoi Jaco a voulu y aller et, je ne le lui ai pas dit non plus alors…

Comme cela fait un moment que l'on veut dynamiter cet Edito devenu trop personnel à mon goût, ouvrons le bal avec un jeu de questions / réponses et commençons à semer les graines d'une nouvelle " ligne éditoriale " qui s'imposera…ou pas.

Ricardo : Bon Jaco, dis moi mon grand, pourquoi tu as voulu y aller toi, à ce salon de la zique ?

Jacques : C’est simple. La première raison, est qu’il me semblait indispensable que laguitare.com y soit à partir du moment où, certains luthiers avaient pris la décision d’y être. Déjà, pour faire écho de leur présence mais aussi pour discuter avec eux de l’intérêt économique pour un luthier d’y être. Il semble que pour la majorité ce fut un succès (ventes et commandes passées). La deuxième raison est que je voulais voir comment Reed expo allait se sortir de ce casse-tête qui est d’organiser un salon de la musique et du son avec le moins de bruit possible. Le premier jour était calme, les exposants faisant leur possible pour maintenir le son de leurs démonstrateurs à un niveau raisonnable. Les jours suivants, surtout le samedi et dimanche, tout le monde s’est lâché et on était content de sortir de cette cacophonie !

Jacques : D’ailleurs, t’étais où toi ? Je t’ai vu partir avec une mini-caméra et un appareil photo mais nous n’avons pas encore vu trace de tes images. Alors, Alors ??

Ricardo : Moi, puisque tu ne me le demandes pas, j’y suis allé par plaisir, celui de rencontrer des musiciens que j’aime, qui vivent éparpillés aux quatre coins de l’hexagone et qui pendant ces quelques jours sont là. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait des nouveautés alors, avec la mini cam, j’ai enregistré des petites séquences qui donneront naissance à ce que j’appelle déjà dans ma tête « la page des potes ». Va falloir que je te coince un moment pour « convertir/assembler/capter » tout ça et le rendre présentable.

Ricardo : Bon Ok, mais dis moi, as-tu trouvé ce qu’à titre personnel tu cherchais dans ce salon ?

Jacques : Ah, ah ! la question qui tue. Ma foi, pas vraiment. Je suis un fan de guitares acoustiques et autant te dire que là, impossible de les essayer. Je m’y attendais un peu à vrai dire mais ayant participé aux deux éditions du salon de guitare de Montréal où 10 cabines étaient à disposition des visiteurs pour essayer en toute tranquillité, des guitares de rêve. Je dois dire que je suis devenu exigeant sur ce type de manifestation. D’ailleurs en passant, on a beaucoup à apprendre de nos cousins Québécois à ce sujet !

Jacques : Ok pour les potes musiciens que j’ai hâte de mettre en ligne sur le site mais as-tu vu des instruments ou produits nouveaux à cette édition ? parce que moi très peu.

Ricardo : En fait oui et non, oui j’ai vu deux nouveautés qui devraient faire mal mais en même temps, à ce jour, elles ne sont pas en production industrielle. Il y aura eu une pédale d’effets construite par notre pote Gérard Cortier fondateur des amplis NOS qui partageait avec nous, le stand que nous avions en 2006, cette pédale aura sauvé la mise d’Ibanez qui après avoir détruit 3 têtes d’amplis s’est retrouvé sans rien pour continuer les démos, Manu Livertout est venu emprunter cette pédale et a couché tout le monde. Gérard a un nombre de pré-commandes proprement hallucinant, le joujou devrait être vendu aux alentours de 250€ et, j’en reçois une pour test dès qu’il l’a construite.

Le deuxième truc sera produit par Two Notes, il s’agit d’un « Super DI » pour simplifier, il émule 40 baffles différents et autant de micros, sa particularité est, qu’il reproduit le son en fonction de l’emplacement du micro. Entre nous, lorsque que tu joues très vite en aller retour, le délai de 5ms de latence s’entend mais, encore une fois, il n’est pas achevé. Wait and see.

Ricardo : Tu en a pensé quoi au fond de ce Salon à deux vitesses avec, d’un côté ceux qui pouvaient se payer des cabines et de l’autre ceux qui ne pouvaient et qui auront foutu un bordel salutaire, de mon point de vue avec, en toile de fond, une organisation finalement totalement larguée ?

Jacques : Zy va comme tu balances sec !!! En même temps, tu n’as pas tort. D’un côté, il y a les grosses marques qui ont le budget nécessaire pour se payer ce qu’il faut et de l’autre, les petits qui se saignent pour participer à ce type de salon. L’écart est en effet trop important et c’est dommage. Il faut cependant rappeler que Reed Expo est un organisateur de salons au sens large et pas du tout un professionnel de la musique. Par contre, ils sont commandités par CSFI (Chambre Syndicale de la Facture Instrumentale) qui eux sont censés connaître un peu mieux comment un salon de la musique doit être organisé et éviter que les gros n’écrasent les petits. D’ailleurs au sujet de la CSFI, je tiens à pousser un coup de gueule sur l’absence totale ou dérisoire d’aide consacrée aux luthiers artisans. Bref, on ne va pas se faire des amis, là !!

Jacques : Du coup, si nous ne sommes pas bannis et interdits d’entrée pour la prochaine édition, voudrais tu y retourner ?

Ricardo : Sur le principe oui, pas forcément pour les mêmes raisons même si, revoir les potes sera toujours un truc immense pour moi. Ce qui me pousse à te dire oui à ce jour, c’est un regard très différent du tiens, moi j’aurais passé beaucoup de temps chez les écuries de course, Algam et Hi-Tech soit, Lag et consorts d’un côté et Vigier & C° de l’autre. Tu le sais, j’ai rencontré leurs patrons respectifs, j’ai pu discuter librement avec eux, pas forcément sur des sujets faciles tels que l’impact d’un tel évènement, les risques pris, les retombées attendues tant directes qu’indirectes.

Cela aura été enrichissant, Hi-Tech malgré sa stature, travaille de très près avec ses artistes, conçoit des choses en prise directe avec les musiciens, c’en est étonnant et surtout, risqué. Algam à une approche plus globale, plus diversifiée, business diront les crétins irréfléchis mais, sans fric, pas d'expos, de scène ni de quoi que soit enfin, pour en finir, rencontrer les mecs de chez WSL qui se positionnent en « entrée de gamme » avec des instruments qui tiennent la route aura été rafraichissant.

Entre nous, ce qui m’aura foutu les boules, c’est que malgré le mandatement du CSFI, l’organisation aura quand même rentabilisé la moindre parcelle de « terrain » louée avec un niveau de service inexistant, pas même une table ou une chaise prêtée…

De mon point de vue, il y aura bien eu deux vitesses et donc, deux considérations différentes mais, ne t’inquiètes Jaco, si nous payons, ils nous accueillerons, c’est la règle ou plutôt leur règle.

Jacques : Bon pour conclure et rester optimiste, je pense que les choses ne peuvent qu'évoluer dans le bon sens. Pour cela, il suffit de prendre les choses en main pour la prochaine édition et essayer de faire en sorte de faire venir à ce salon le plus de luthiers possible. J'ai bien réussi à en catapulter 17 à Montréal, il serait dommage de ne rien pouvoir faire à Paris !

Suite au prochain numéro !!

Ricardo et Jacques le 30 septembre 2008

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